vendredi 20 mars 2015

Conversation d'Emma Watson pour HeforShe.

" Le féminisme n'est pas là pour dicter ta conduite. Ce n'est pas normatif. Ce n'est pas dogmatique Tout ce nous faisons est de te donner un choix. Si tu veux être Premier Ministre, tu le peux. Si tu ne le veux, c'est tout aussi génial. L'égalité des genres est ton problème aussi. Les hommes ET les femmes devraient se sentir libres d'être fort. Tout ce que nous faisons est de te donner un choix.  



Cet article était initialement prévu pour la semaine prochaine, mais je ne pouvais pas attendre de partager mes idées et mon avis à ce sujet.

Je viens de regarder la conversation d'Emma Watson avec Facebook à propos du mouvement HeforShe, et de féminisme en général. La première chose que j'ai à dire est que je trouve qu'elle n'a pas vraiment répondu à la plupart des questions qui lui ont été posées. J'attendais un engagement de sa part, une mise en avant et une implication dans la réponse aux questions, et elle ne l'a pas fait. Peut-être par choix. Elle n'en reste pas moins une porte-parole fantastique pour cette cause qui lui tient à coeur et qui me tient à coeur.

J'ai déjà fait un article sur son premier discours aux Nations Unis, que vous pouvez retrouver ici.

J'ai repensé beaucoup à ce qu'elle a pu dire et je me suis rendu compte que je suis féministe depuis que je suis enfant. Je n'avais jamais accepté ce mot par ignorance, pourtant je suis féministe depuis presque toujours.

Quand j'étais enfant, j'entendais la façon dont certaines personnes parlaient des femmes, de leurs rôles et de ce qu'elles peuvent ou ne peuvent pas faire et je me souviens m'être dit : " Je refuse de les laisser me dire ce que je peux ou ne peux pas faire." C'était une idée, une révolte naturelle pour moi. Quand j'allais à l'école, dès le départ, j'avais beaucoup plus d'amis masculins que féminins. Parce que je m'entendais mieux avec eux et aussi parce que j'avais l'impression qu'avec eux je pouvais être et faire tout ce que je voulais. Les filles que je côtoyait me répétait sans arrêt : " Tu ne peux pas, tu es une fille!". Je ne peux pas leur en vouloir parce que c'est leur éducation qui parlait et non pas elles personnellement. Tandis qu'avec les garçons la seule chose que l'on me disait était: " Tu es sûre, tu pourrais te faire mal". J'ai sûrement eu de la chance de tomber sur cette école-ci; mais je ne les ai jamais laissé me mettre de côté parce que j'étais une fille.

En primaire, j'étais dans une toute petite école rurale. Nous avions une marelle, un panier et un ballon de basket et nous jouions à l'élastique et à la corde à sauter. Sauf que dans cette école, on échangeait les jeux avec les garçons de notre école : ils jouaient à la corde à sauter avec nous, à l'élastique ou autre et en échange on avait le droit de jouer au foot ou au basket. On allait une fois par semaine au terrain de foot municipal et je me souviens que les derniers à être choisis dans les équipes n'étaient pas les filles, mais ceux qui ne savaient pas bien jouer au foot. Aussi simple que cela.

Malheureusement, ce n'est pas aussi simple. Parce que j'ai eu la chance d'aller dans ces écoles et de tomber sur ces garçons et ces filles là, mais tout le monde ne l'a pas. On nous élève en nous faisant comprendre qu'il y a des rôles et des places à respecter alors que c'est faux ! Ne dites jamais à vos enfants qu'ils ne peuvent pas faire quelque chose à cause de leur genre ou de leur sexe, c'est faux !

J'aurais voulu être avocate, mécanicienne, pilote moto, joueuse de foot, basketteuse, professeure d'anglais, maquilleuse professionnelle et écrivain. C'était les idées que j'avais en étant enfant. Je ne suis pas devenue avocate parce que je ne sais pas mentir et que je refusais l'idée de devoir défendre des coupables en prétendant qu'ils sont innocents, non pas parce que je suis une fille ! Je ne suis pas mécanicienne parce que je n'ai jamais pris la peine d'apprendre ce métier, non pas parce que je suis une fille ! Je ne suis pas non plus pilote ou même footballeuse ou basketteuse parce que j'ai changé d'avis. Pas parce que je ne pouvais pas le faire !

Je ne comprends pas cette façon de gérer les choses et de les compartimenter. Si un garçon veut devenir coiffeur il est forcément gay. S'il veut faire du ballet ça lui enlève sa masculinité. Et c'est faux. Tout comme être chauffeuse routière n'enlève la féminité d'une fille. Le choix devrait et doit être personnel et ne rien prendre d'autre en compte si ce n'est l'envie et le désir que l'on a à réaliser ce rêve.

Tout comme le fait que les garçons ne peuvent pas pleurer, qu'un garçon qui pleure est un faible... Que pleurer c'est bon pour les filles... Comme le dit si bien Emma Watson : pleurer est humain. C'est ce qui fait que nous sommes des êtres humains. L'insécurité, les complexes, l'anxiété, la timidité, la sensibilité sont des traits tout aussi bien féminins que masculins. Ce sont des traits humains et je ne comprends pas que l'on descende quelqu'un parce qu'il ressent un de ces sentiments.... De quel droit, pour quelle raison est-ce que certains sentiments seraient destinés uniquement aux femmes et vice versa?!

Elle aborde aussi un sujet qui me tient à coeur : la chevalerie, le gentleman tel qu'on se l'imagine. Il est vrai qu'il est agréable de se faire ouvrir la porte, d'être invité au restaurant mais il n'est pas juste d'attendre des hommes qu'ils le fassent tous sans exceptions si nous ne sommes pas prêts à leur rendre la pareille. Je tiens toujours la porte aux gens qui passent après moi ou qui arrive quand je quitte un établissement. Tout comme j'aime payer ma part du repas quand je sors avec quelqu'un. Je ne dis pas qu'il faut absolument être indépendant, mais je trouve qu'il est normal de demander l'avis de la personne en face de nous. Si c'est un homme : a-t-il envie de me tenir la porte? Se sentirait-il mal à l'aise si je lui tenais la porte? Est-ce qu'il veut conduire quand nous allons quelque part ou n'a-t-il aucun problème avec le fait que je sois celle qui prenne le volant? Se sent-il à l'aise avec la chevalerie?

Tout comme il est normal de demander à la femme qui nous accompagne si elle veut qu'on lui ouvre la porte de la voiture, ou le voit-elle comme un geste déplacé? Accepterait-elle qu'on lui paye le repas ou tient-elle à le payer elle-même? Il faut que les deux partis soient à l'aise avec cette idée et que les questions soient posées. Il n'y a pas de mal à se faire payer le restaurant par une femme à partir du moment où le sujet à été abordé et que les deux partis sont à l'aise avec cette idée.

Certains femmes aiment se faire ouvrir les portes, offrir des fleurs, conduire en week-end, etc.... Certaines ne se sentent pas à l'aise avec cette idée qui implique que la femme doit être dépendante de l'homme. C'est une conversation à avoir et ne surtout pas laisser les non-dits prendre le dessus sur l'échange verbal et social.

Parce qu'un homme ne doit pas se sentir obligé de faire ces choses tout comme la femme ne doit pas se sentir obligée de les subir. C'est un juste milieu, un droit à choisir qui devrait être toujours présent.

Il m'a fallu du temps pour faire le point sur ce concept qu'est le féminisme. Par ignorance principalement. Je suis la première à me pointer du doigt quand je fais référence à l'ignorance et la désinformation. Parce que je n'ai pas cherché plus loin et parce que, durant des années, j'ai refusé l'appellation de féminisme par simple croyance que ce mot signifiait haïr les hommes et la suprématie féminine. Je ne pouvais pas soutenir cette idée quand la plupart de mes amis étaient des garçons. Je ne pouvais pas soutenir cette idée à partir du moment où elle mettait quelqu'un à l'écart. Je ne supporte pas la mise à l'écart, la discrimination et la ségrégation. Je ne comprenais pas comment des femmes ( étant enfant j'entendais principalement des femmes parler de féminisme) qui connaissaient la discrimination pouvaient vouloir la même chose pour les hommes. Ce n'était pas juste.

Mais le féminisme, ce n'est pas ça. C'est beaucoup plus que ça. C'est même le contraire. Être féministe signifie que l'on soutient l'égalité sociale, politique, économique des hommes et des femmes. C'est aussi simple que cela.

C'est aussi arrêté de dévaluer les femmes pour leur sexe ou leurs vies sexuelles. Emma en parle dans sa conversation et je l'ai beaucoup vu dernièrement dans les médias : dès qu'une femme prend trop d'importance ou fait un pas en avant et affirme sa position sur un sujet, la carte du sexe est sortie directement. Pour Emma ça a été les menaces de divulguer des photos de nues qu'elle aurait prises des années auparavant. J'entends souvent des femmes - des femmes !!- descendre d'autres femmes sur leurs vies sexuelles, ou d'autres détails qui ne devraient pas avoir d'importance.

"Elle était strip-teaseuse, avant ! " Oui, et? Est-ce sa valeur en tant que femme ou qu'être humain diminue parce qu'elle dansait nue? " Elle porte des jupes courtes", encore une fois : et? Parce qu'une femme aime s'habiller de façon sexy ou parce que se sent à l'aise dans une jupe courte elle perd sa crédibilité face au monde et face aux autres femmes? C'est injuste ! Quand un homme porte une chemise ouverte sur le torse je n'entends jamais personne s'écrier : " Il s'habille de façon trop sexy, son avis ne compte pas!" ou alors " Il a commencé sa carrière en étant strip-teaseur". Ou peu importe le métier, ou le choix vestimentaire, la religion, etc... Le féminisme est là pour accepter tout le monde, peu importe leur genre, leurs choix politiques, leurs croyances, les extraction sociale. Il s'agit de défendre chaque être humain pour son droit à avoir des droits égaux.

Chaque idée doit être étudiée pour la valeur qu'elle a en tant que telle et non dévaluée parce qu'elle vient d'une femme, ou d'un homme au rang social moins élévé. Le féminisme c'est se battre pour le droit des minorités à être entendues et écoutées au même titre que n'importe qui d'autre.

C'est pour ces nombreuses raisons que je me clame féministe. Parce que j'ai eu la chance de grandir dans une famille où j'ai été acceptée peu importe mes choix. Quand j'ai décidé sur un coup de tête de faire ma valise et de partir vivre à l'étranger dans un pays que je ne connaissais pas et dont je ne parlais pas la langue, ma mère ne m'a pas empêché de le faire sous prétexte que j'étais une fille. Quand j'ai décidé un jour de faire couper mes cheveux pour les avoir très très courts, personne ne m'a traitée différemment. Et je suis reconnaissante pour ça. Je suis aussi consciente que cette chance n'est pas la même pour tous et je veux m'impliquer dans cette cause.

Pour que si un jour j'ai des enfants, je veux que mes garçons et mes filles puissent choisir le chemin de vie qui leur conviendra sans se sentir mis à l'écart ou coupable parce que leur choix est différent de celui des autres. Je veux qu'ils se sentent libres et acceptés d'être et de faire ce qui leur tient à coeur sans avoir l'obligation de s'expliquer.

Si vous le voulez, sur le site HeForShe, vous pouvez vous enregistrer en bas de la page ( si vous êtes un homme) pour prouver que ce mouvement n'est plus uniquement un concept de femmes qui se battent pour des femmes mais des femmes qui soutiennent les hommes autant que les hommes soutiennent les femmes.

Je vous joins la vidéo de sa conversation mais je n'ai malheureusement pas trouvé de version sous-titrée, je continue à chercher !





2 commentaires:

  1. Hello!
    Alors comme ça pas d'article sur le Road Trip? :P Je ne m'en vais pas boycotter parce que ça m'intéressait aussi beaucoup. (ok c'était mon 2e choix xD)
    Je suis d'accord avec toi, j'avais l'impression qu'elle répondait à côté de beaucoup de questions et je l'avais mis sur le compte de ma mauvaise compréhension. D'un autre côté il y a pas mal de choses qui ont été posées plusieurs fois, ça tournait un peu en rond par moments. ça n'empêche que la globalité était intéressante.
    Je n'avais pas encore vu entièrement son premier discours donc je suis allée sur ton autre article. C'était assurément différent et beaucoup plus... fort je dirais.
    J'étais comme toi avant pour le mot féminisme, puis en voyant des exemples concrets j'ai fini par comprendre la réelle signification.
    J'ai mis longtemps avant de comprendre qu'il y avait une différence entre les deux genres, mis à part le corps. D'ailleurs je n'ai toujours pas compris je crois. J'ai fini par le concevoir, par accepter ce qu'on me disait. Pas me dire qu'il fallait séparer garçons et filles par ce que c'était comme ça. J'ai ensuite compris que c'est uniquement ce que nos sociétés nous apprennent. Tout en étant pleinement consciente d'être une fille je ne me suis jamais sentie particulièrement féminine.
    Ton post me fait remarquer qu'il y a des choses que je ne comprends toujours pas. D'après les "normes" défendues, les filles devraient rester en groupes de filles et les mecs en groupes de mecs, mais comme c'est ce que veut la nature/Dieu/j'saispasquijem'enfou on va marier une femme et un homme pour qu'ils fondent une famille et vivent toute leur vie ensemble et apprennent la même chose à leurs enfants. Si on était si différents pourquoi se torturer comme ça en se forçant à se côtoyer?!
    Je m'égare. Merci pour ton article en tout cas.

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  2. Je pense que la différence entre son discours et cette conversation réside dans le fait qu'elle ne connaissait pas les réponses à l'avance et qu'elle devait chercher dans ses notes pour répondre. Je trouve dommage qu'elle ait donné plus de chiffres que de réelles réponses.
    Par contre, j'avoue ne pas avoir très bien compris ton point de vue dans le reste de ton commentaire :/
    Merci de ton avis en tout cas <3

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